Dès la fin du stage de l’équipe nationale U-17, il y a deux jours, l’international du Paradou AC ne répond plus au téléphone, ni son père d’ailleurs. Ayant eu vent d’une ‘’fugue’’ au Qatar, la Direction du PAC a saisi la FAF en tirant la sonnette d’alarme sur la nécessité de protéger les jeunes talents algériens.
L’affaire du jeune international des moins de 17 ans du Paradou AC, Yassine Abed, qui vient d’éclater après son départ en catimini au Qatar, interpelle de nouveau les instances du football national et même le ministère des Sports sur la nécessité de protéger les jeunes talents algériens d’être recrutés par des clubs étrangers, en profitant de leur statut de mineur et en passant par l’intermédiaire de leurs parents, souvent dans le besoin, que par leur club propriétaire et formateur et la fédération.
D’ailleurs, la direction du Paradou AC n’a pas hésité à saisir la Fédération algérienne de football pour l’alerter sur l’urgence de protéger l’Académie El-Ankaoui et des jeunes talents qui y sont formés ainsi que l’adaptation des règlements relatifs aux jeunes joueurs.
Il s’agit, comme le souligne le Paradou, d’une question de politique sportive nationale qui dépasse largement le cadre de quelques différends individuels. Le cas de Yacine Abed qui, dès la fin de son stage avec la sélection U-17 il y a quarante-huit heures, a ‘’fugué’’ au Qatar avec sa famille, est édifiant et tire vraiment la sonnette d’alarme, au moment où certaines personnes, y compris dans la presse, continuent à semer le doute et l’amalgame en évoquant ‘’une filière de naturalisation’’, au lieu de s’enquérir sur les vrais tenants et aboutissants de ce genre d’affaire.
Le Paradou a lancé un véritable SOS à la face des instances du football pour dénoncer ‘’les assauts répétés de clubs et de personnes cherchant à débaucher ses jeunes joueurs, notamment en leur faisant miroiter des sommes d’argent et différents avantages’’, peut-on lire dans ledit courrier.
Abed, Chernikh, Bouteldja, … la liste risque de s’allonger
Dans ce même cadre, le PAC a rappelé les cas d’Abdelawahab Chernikh (JS El-Biar), le gardien Bouteldja (ES Sétif) et maintenant Yassine Abed (Al Ahli SC, Qatar), qui ne sont plus des historiettes isolées, mais des cas révélateurs d’une situation plus qu’inquiétante d’un phénomène de prédation qui s’installe autour de l’Académie, alors que ses joueurs sont dûment liés par des contrats parfaitement valides et en vigueur.
Malgré les incessantes saisines des instances à ce sujet afin de mettre fin à ses pratiques et à la prise des décisions qui s’imposent, allant jusqu’aux sanctions, aucune suite n’a été donnée à ses doléances et à ses appels.
Et si aujourd’hui, les ‘’prédateurs’’ parviennent à débaucher des joueurs contractuels et protégés juridiquement, qu’en sera-t-il des jeunes académiciens qui, demain, atteigneront l’âge de 16 ans et pour lesquels le Paradou ne pourrait plus bénéficier des mêmes instruments contractuels de protection du fait de son changement de statut ?
En effet, la question est d’autant préoccupante quand on sait qu’après sa relégation en Ligue 2, le Paradou ne pourra garder sa licence de club professionnel que durant deux saisons ; au-delà le club formateur risque de ne plus disposer des mêmes moyens juridiques et contractuels pour protéger le fruit de ses investissements !
Un acquis national en danger !
De plus, le paradoxe est entier, car d’un côté la FAF, à travers les déclarations de ses dirigeants et les comptes-rendus de ses réunions du bureau fédéral ne cesse d’exhorter les clubs à investir dans la formation et le développement des jeunes talents, mais d’un autre côté, la réglementation n’est plus adaptée car le changement de statut fait perdre au club formateur les instruments et mécanismes pour protéger les jeunes footballeurs sur le double plan contractuel et juridique.
Dans son même courrier, la direction du Paradou parle carrément ‘’d’un acquis national en danger’’, quand on sait le nombre incalculable de joueurs alimentant les différentes sélections nationales. Rien qu’en ce mois de septembre, ils étaient 22 joueurs toutes catégories confondues (U-16, U-17, U-20 et U-23) à avoir répondu à la convocation des sélections respectives.
Aussi, le Paradou n’a demandé aucun privilège, si ce n’est de pouvoir légitimement protéger le fruit de sa formation et de ne pas être victime de son propre succès, car il demeure un patrimoine algérien façonné pour servir l’Algérie, et rien que l’Algérie.
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